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Du médicament à l’overdose – Chemsex ?

 
Une de Libération 26 juin 2017
Libération, 14 juin 2017 1/2
Libération, 14 juin 2017 2/2
 
 

Chemsex ? Plus de jouir et pulsion de mort

La publication de deux dossiers dans Libération les 14 et 26 juin derniers au sujet de l’utilisation détournée des médicaments invite à s’interroger sur les nouveaux modes de consommation. Comment la recherche de sensations alliés à une politique de santé publique insuffisante mènent de plus de plus de personnes à l’overdose ?

Dans la communauté homosexuelle, le hashtag #ChemSex vient révéler ces pratiques sous un versant festif tout en masquant le caractère morbide de cette course aux sensations.

Pourtant les risques psychiques sont avérés et multiples : attaques de panique, accès maniaques, replis autistiques, bouffées délirantes aiguës, passages à l’acte auto ou hétéro-agressifs, troubles dépressifs, syndromes paranoïaques, un isolement social, addiction sexuelle induite.

Quant à la dépendance plus large aux médicaments dans la population totale cette fois-ci, l’INSERM révèle qu’entre 2001 et 2013 le nombre de cas d’overdose par antalgiques opiacés est en forte progression : +128 % en France.

Si les histoires sont personnelles, la multiplication de ces cas témoigne d’une recherche effrénée qui se situe bien plus du côté de la pulsion que du désir. C’est bien la mise en acte qui prime sur l’élaboration. Pourtant la course à la jouissance immédiate masque la pulsion de mort en jeu dans ce passage à l’acte et vient rendre difficile le questionnement sur soi et son rapport au monde. Questionnement qui est pourtant une des conditions à l’émergence d’un désir propre à chacun.

Lire les articles sur le site de Libération :

Chemsex : chez les gays, un accélérateur de péril

Ne regardons pas les hommes tomber

Philippe Batel : «Il y a un déni dans la communauté gay sur les dangers du chemsex»

Drogue : Sur la route mortelle des opioïdes

En France, faible dépendance mais forte vigilance

Opioïdes, une épidémie en chiffres

chemsex
Caroline Bernard – 6 rue Guépin – Nantes

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